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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Déontologie, ou Science de la morale. Tome I: Théorie. (1834)
Avant-propos du traducteur


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jeremy Bentham, (1748-1832), Déontologie, ou Science de la morale. Tome I: Théorie. (1834) Traduit de l’Anglais par Benjamin Laroche. Paris: Charpentier. John Bowring, Éditeur scientifique. 394 pages. Une édition électronique réalisée par Pierre Tremblay, bénévole, à partir du fac-similé de l'édition originale telle que reproduite par la Bibliothèque Nationale de France: Gallica.

Avant-propos du traducteur

Benjamin Laroche.
15 avril 1834.

La traduction de cet ouvrage présentait des difficultés d'une nature toute spéciale, et que je ne me flatte pas d'avoir complètement surmontées : il s'agissait de faire passer, dans notre langue philosophique, la phraséologie nerveuse, originale, parfois étrange, toujours profondément juste et vraie, de l'écrivain le plus concis, le plus elliptique, le plus économe de mots. Et cette tâche n'avait point été affaiblie par la plume pittoresque et brillante qu'il s'était lui-même choisie pour interprète.

Ici la circonlocution était interdite ; la périphrase n'était pas de mise ; le système des équivalents n'était pas admissible. Il fallait, de toute nécessité, prendre le mot pour avoir la chose ; car, sous la plume du philosophe anglais, le mot est tellement soudé à la chose, qu'il en est devenu inséparable. De là, la nécessité de créer quelques locutions nouvelles, auxquelles nous ne pouvons refuser d'accorder droit de bourgeoisie, si nous voulons que l'expression soit l'exacte représentation de la chose exprimée. La première qui se présente, c'est celle qui fait la base de tout l'ouvrage ; ce sont les mots maximisation, minimisation, maximiser, minimiser. Tout équivalent leur eût fait perdre de leur énergie. Ainsi la maximisation du bonheur, ce sera le bonheur élevé à son maximum ; sa minimisation, ce sera sa quantité réduite au minimum. Le principe de la maximisation du bonheur sera le principe qui se propose pour but de procurer aux hommes, individuellement et collectivement, la plus grande somme de bonheur possible, de leur épargner la plus grande quantité possible de maux.

Un autre terme, qui occupe une grande place dans cet ouvrage, c'est celui de bienveillance, et ses dérivés. Ce mot si juste, si expressif, manque à notre langue. Car ce que nous entendons par bienveillance, n'a rien de commun avec le sens que lui donnent ici Bentham et son interprète. Ce n'est pas ce sentiment faible et superficiel qui ne se manifeste guère qu'extérieurement et du bout des lèvres, cette grimace d'affabilité et de courtoisie, cette facile monnaie à l'usage des grands, et dont ils paient les services de leurs inférieurs. C'est ce sentiment large, abondant, expansif, qui sympathise avec toutes les souffrances, et s'efforce de les alléger, qui fait du bonheur des hommes son étude et son but. C'est ce génie qui inspire toutes les vertus, qui dictait les écrits d'un Fénelon, et les actes d'un Vincent de Paul. La bienveillance, telle que notre langue l'avait entendu jusqu'ici, c'est une vertu d'aristocrate, et qui n'est point à l'usage de tout le monde. Qui a jamais parlé de la bienveillance du pauvre ? La bienveillance, telle que nous l'entendons, la bienveillance de Bentham, c'est le bien vouloir, la volonté du bien, cette volonté vertueuse, éclairée, à laquelle nous devons Bentham lui-même, qui lui a fait consacrer au bonheur des hommes tous les instants de sa longue, infatigable et bienveillante carrière.

D'autres mots encore ont dû recevoir une acception plus large que celle que notre langue leur attribue. Tels sont convenance et inconvenance, convenable et inconvenable, qui n'exprimaient que des idées purement conventionnelles, et auxquelles nous aurons associé, d'une manière absolue, les idées qui se rattachent au devoir. Ainsi, ce qui est convenable n'est pas pour nous le résultat du caprice individuel ou social, c'est ce qui est conforme à l’intérêt éclairé et bien entendu, soit individuel, soit social. Inconvenable, exprimant l'idée contraire, a dû être substitué au mot inconvenant, dont le sens n'a aucune analogie avec lui.

Sur toutes ces innovations de langage, comme sur le système de fidélité rigoureuse que nous nous sommes imposé dans notre travail, nous nous en rapportons avec confiance au bon sens du public.

Benjamin Laroche.

15 avril 1834.

Retour au texte de l'auteur: Jeremy Bentham (1748-1832) Dernière mise à jour de cette page le Dimanche 05 décembre 2004 17:34
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
 
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