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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée (1930)
Introduction


Une édition électronique à être réalisée à partir du livre d’Alfred Adler, Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée (1930). Préface et traduction du Dr. H. Schaffer. Paris : Éditions Payot, 1961, Bibliothèque scientifique, 379 pages. Le texte de la 4e édition allemande de 1930 a été utilisé pour cette traduction. Une édition numérique à être réalisée par mon amie, Gemma Paquet, bénévole.

Préface du traducteur
par Dr H. Schaffer



L'ouvrage
Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée est une introduction à la psychothérapie, destinée aux médecins, psychothéra-peutes, psychologues et pédagogues.

Dans une étude sur la valence des organes et leur devenir intitulée : La compensation psychique de l'état d'infériorité des organes , point de départ de la doctrine adlérienne, l'auteur examine, par rapport à une norme fictive, le degré d'efficience des organes et le retentissement de leur insuffisance dans la superstructure psychique.

Cette même méthode d'une référence à une norme fictive peut être égale-ment utilisée dans l'observation des phénomènes psychiques. Si l'organisme se présente comme une unité où tous les appareils et organes agissent dans une parfaite coopération, dans le sens du maintien de la vie, les facultés psychi-ques de l'individu coopèrent de même, en faveur d'une recherche du succès, en fonction d'une idée fictive de la personnalité, dont le symptôme névrotique représente la modalité psycho-pathologique. La plus insignifiante manifesta-tion de la vie psychique est donc déterminée par cette intentionnalité. Tel est le thème du livre Le Tempérament Nerveux publié avant la première guerre mondiale.

C'est après la première guerre mondiale que parut la Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée. La quatrième édition (1930) a servi de texte pour la présente traduction. Elle présente une somme d'articles, exposés et conférences, apportant à certaines questions fondamentales de la psycho-thérapie, psychiatrie, pédagogie et psychosociologie les vues de l'enseigne-ment adlérien. Il va sans dire que la publication de nombreuses études dans des revues médicales et périodiques spécialisés, de brochures aussi, se situe entre les dates de publication de ces ouvrages.

Le volume devrait satisfaire à la demande de praticiens psychothérapeutes et leur apporter quelques réponses fondamentales aux innombrables questions que pose l'exercice de cette profession, médicale et artistique à la fois, souvent difficile.

Ayant exposé dans son introduction les données fondamentales de la psychologie individuelle comparée, l'auteur exprime dans les premiers cha-pitres ses vues sur le traitement psychothérapique des névroses (I à IV). Il insiste sur la nécessité d'une transformation de toute la personnalité du malade, grâce à une action non seulement analytique mais aussi éducative, ayant pour but l'intégration sociale du sujet.

Comme pour l'application de toute technique, celle de la psychothérapie place le thérapeute devant de nombreuses difficultés. Le « problème de la distance » (VIII) qui sépare les névrosés des véritables tâches de l'existence, la « résistance pendant le traitement » (X), que tout thérapeute a rencontrée auprès de ses malades, parfois à ses dépens, le « rôle de l'inconscient » (XIX) sont analysés avec subtilité.

« L'interprétation des rêves » nous montre la valeur prospective, ce qui ne veut pas dire prémonitoire, du rêve, et sa raison d'être, inconsciente et incom-prise, en faveur du maintien de la ligne directrice subjective du sujet, en face d'un problème donné (XVIII).

Notre civilisation est en grande partie l'œuvre de forces masculines. Rien d'étonnant donc si, dans ses aspects morbides, le psychisme de la femme s'est efforcé - confondant la forme et le fond, l'apparence et l'essentiel - d'adopter une attitude masculine dans sa recherche du succès, son comportement et ses modes d'expression, voire son style de vie, oubliant toute la véritable valeur de la grâce et de la mentalité proprement féminines (IX).

D'autres chapitres sont consacrés à l'analyse de différents tableaux nosologiques :

Dans la «syphilophobie » (XI), expression de la peur de l'homme vis-à-vis de la femme, se manifeste de façon caricaturale le drame de l'incompréhension des sexes. Le lecteur appréciera les remarques se rapportant à différentes oeuvres artistiques engendrées par cette disposition psychique, et avant tout les brèves analyses concernant les productions picturales de Félicien Rops et littéraires de Baudelaire.

La « névrose obsessionnelle » (XV et XVI), « l'insomnie nerveuse » (XII), « l'anorexie mentale » (XVII), voici autant d'aspects de la névrose qui éloi-gnent l'être humain d'un comportement socialement satisfaisant.

Dans le chapitre consacré à la «névrose de guerre » (XXV), l'auteur passe en revue l'opinion de différents auteurs et confronte les différentes méthodes de traitement. Cette maladie concrétise de façon particulièrement plastique la controverse entre : d'une part le devoir civique (et en cas de guerre ses dangers), et d'autre part l'intérêt personnel et ses conséquences, la relative sécurité subjective et individuelle.

La « myélodysplasie ou infériorité des organes » (XXVI) est une étude médico-psychologique, analysant les rapports entre l'état d'infériorité d'un segment métamérique, ici la partie inférieure de la moelle épinière, et ses effets dans la superstructure psychique de l'individu, l'énurésie en particulier

La psychiatrie se trouve enrichie par les études sur : « l'hallucination » (V) - que l'auteur considère comme étant une expression morbide, spécifique de toute la personnalité du malade -, « mélancolie et paranoïa » (XXII) et sur le « substratum organique des psychonévroses » (XX), études consacrées aux rapports entre la constitution particulière, déficiente du malade et sa supers-tructure psychique fragile et vulnérable. Retenons que l'auteur admet l'existence de toxines dans les formes graves de mélancolie, toxines dont il explique l'apparition par un mécanisme... psychosomatique serait-on tenté de dire aujourd'hui. Ses vues sur les accès d'épilepsie essentielle, où l'organe cérébral en état d'infériorité est incité à des décharges neuroniques excessives sous l'effet de la tension émotionnelle, méritent également d'être citées.

Dans le thème psycho-philosophique : « mensonge vital et responsabilité dans la psychose et la névrose » (XXI), Adler cite parmi les stratagèmes dont use la nature humaine pour s'assurer le sentiment de sa valeur, ce mensonge vital dont l'effet tranquillisant et rassurant semble indispensable à la quiétude de l'âme. Dans ce même chapitre il montre à quel point il est utile d'évoquer la question du « partenaire », du « ponte », pour mieux saisir le tableau morbide du cas. « La réponse à cette question nous montre le névrosé, non plus dans son isolement artificiel, mais dans un système social donné. Dans ces conditions ressortent au mieux les tendances agressives de la névrose et de la psychose ; la morbidité spécifique apparaît dans ses rapports, dans une techni-que de vie, le symptôme indiquant alors le chemin que suit le malade afin d'atteindre le but de la supériorité, en parfaite concordance avec sa personna-lité. »

La présence de « l'ego auxiliaire » dans le psychodrame, de date plus récente, représente une application pratique de cette idée.

Dans la « psychologie de l'enfant et étude des névroses » (VI), Adler con-fronte le besoin d'aide, normal et compréhensible, d'un jeune être, et celui, despotique et non motivé, de l'adulte psychiquement immaturé et socialement inadapté.

Afin de remédier à pareil développement défectueux de l'âme enfantine, l'éducation doit s'inspirer des données de la psychologie des profondeurs. Seule cette éducation psychologique peut, s'adressant aux défauts caractériels de l'enfant difficile, assurer la préparation satisfaisante du jeune être pour sa vie civique d'adulte. Le rôle de l'école dans cette tâche prophylactique est évident, celui de l'instituteur de la plus grande importance. Le domaine de l'activité médicale, psychothérapique et de l'activité éducative, psychopéda-gogique demandent une délimitation précise .

Le thème psychopédagogique évoque d'ailleurs d'autres problèmes. Parmi eux, citons un des plus douloureux et des plus aigus : « l'enfance démorali-sée » (XXIX). On est surpris de la ressemblance, de l'identité pourrait-on dire, des problèmes que soulèvent, à quarante ans d'intervalle, les deux périodes d'après guerre.

Un autre problème psychosocial, non moins important, est celui de « la prostitution » (XXVIII), étudiée dans son triple aspect psychologique, du « consommateur », du souteneur, et de la prostituée.

Deux analyses littéraires, celle de l'œuvre de Dostoïevski (XXIV) et l'étu-de psychologique du personnage du « conseiller Eysenhardt » (XXIII), témoignent de l'admiration d'Adler pour l'écrivain et le poète, « guides de l'humanité », qui dans leur profonde compréhension de l'âme humaine sont les précurseurs de la psychologie des profondeurs scientifique.

Cet ouvrage est d'une grande richesse. Il n'apporte pas seulement au thérapeute des données pratiques de la plus haute valeur, il démontre en même temps l'étendue des problèmes soulevés dans le cadre de la psychologie des profondeurs, touchant à des disciplines très diverses.

Quelque quarante ans après sa publication nous pouvons mieux juger du chemin parcouru et de l'effet produit dans les domaines aussi nombreux que variés de la médecine, psychothérapie, psychiatrie, pédagogie, criminologie, sociologie et philosophie .

Adler nous a permis de comprendre la raison du comportement déraison-nable d'un être humain. Cette prise de conscience est le pas décisif de son redressement.

Dr H. SCHAFFER.

Retour au texte de l'auteur: Alfred Adler Dernière mise à jour de cette page le Vendredi 30 mai 2003 13:32
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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