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Collection « Les auteur(e)s classiques »
LE MOUVEMENT OUVRIER FRANÇAIS. TOME II: Efforts pour créer le parti de classe. (1974)
Préface

Une édition électronique réalisée à partir du livre de Karl Marx et Friedrich Engels, LE MOUVEMENT OUVRIER FRANÇAIS. TOME II: Efforts pour créer le parti de classe. Traduction et notes de Roger Dangeville. Paris: Petite collection Maspero, no 132, 1974, 182 pp. Une édition numérique réalisée par Jean Manaud, bénévole, professeur d'histoire à Toulouse, en France. [Ce livre est diffusé dans Les Classiques des sciences sociales avec l'autorisation des ayants droit du traducteur accordée le 20 octobre 2011 et réitérée le 17 mai 2013.]

[5]

LE MOUVEMENT OUVRIER FRANÇAIS.

TOME II. Efforts pour créer le parti de classe

Préface
_______

par Roger DANGEVILLE, 1974.


Seconde phase
du mouvement ouvrier français


Le second recueil aborde une période nouvelle de l'essor du mouvement ouvrier. La distinguer de la première permet de mieux saisir l’une et l'autre.

Cette période débute par la création de l'Internationale, fruit de tous les efforts organisationnels précédents (tentatives de création de sociétés secrètes, d'associations ou de partis ouvriers, efforts de coordination entre associations économiques et politiques [1]. Le fait remarquable est que l'Internationale, en tant que synthèse de toutes les luttes de classes et révolutions antérieures, précède la formation des partis ouvriers modernes dans chacun des différents pays. Ce n'est pas par hasard - au contraire. Il fallait une base solide, préalable à ceux-ci, pour qu'ils puissent former des partis ouvriers ayant un but et un programme unitaires et réaliser dans la pratique l'unité du prolétariat de tous les pays en une seule et même classe.

Du point de vue chronologique, le premier cycle des révolutions commence pour le prolétariat français en 1789 et s'achève avec la Commune de Paris en 1871. La création de la Première Internationale se réalise en 1864 et précède, cette fois, dans le temps la révolution. Le cours de la crise révolutionnaire ne sera pas simplement spontané. Nous tendons enfin vers le schéma classique, prévu par Marx dans le Manifeste : le prolétariat s'organise d’abord en classe, donc en parti, puis en classe dominante.

[6] Au niveau théorique, la Commune pourra disposer en quelque sorte de toute l’expérience d’organisations plus ou moins spontanées, dictées par le cours matériel des événements, ainsi que de celle des révolutions radicales d'où a jailli la claire vision de son programme et de son but communistes. Ces prémisses fournissent des points de repère et des certitudes avant l'action qui permettent seules de donner au parti un rôle véritablement conscient et efficient dans la révolution - c'est ce qui le distinguera de tous les autres partis bourgeois ou petits-bourgeois qui sont enfoncés dans l'immédiatisme. En forgeant l'Internationale unitaire, Marx-Engels donnaient à tous les futurs partis prolétariens les moyens de guider l'action pratique des masses ouvrières, en jetant un pont dans le temps et dans l'espace entre toutes les luttes et les revendications. Désormais, le programme est établi, et la lutte idéologique se mène essentiellement contre les déviations et les improvisations - le révisionnisme.

Passage du parti de classe
à l'État de la dictature ouvrière


La période de 1864 à 1871 est marquée par la tentative de jonction entre la préparation révolutionnaire de parti et la tentative, réussie cette fois, de la conquête révolutionnaire du pouvoir d'État. Selon la formule de Marx du Capital - de te fabula narratur - cette période trace à l'avance notre propre avenir.

En évoquant les polémiques, puis les luttes réelles de cette période, nous suivrons la voie par laquelle le prolétariat s'est haussé du parti à l'État. Cette méthode pourrait nous égarer, si nous ne mettions pas en évidence le lien entre la polémique et les principes fondamentaux. Dès la Commune et aujourd'hui encore, on a affirmé que Marx s'était approprié la Commune de manière illégitime. C'est sous cet angle que nous verrons de quelle manière la Commune se rattache au parti révolutionnaire, à l'Internationale forgée par Marx. A cet effet, nous utiliserons essentiellement les trois Adresses que Marx a rédigées aux moments cruciaux de la crise de 1870 et 1871 pour donner aux ouvriers des principaux pays les directives et consignes de l'Internationale pour leur action, et accessoirement les instructions qu'il a données à certains camarades ou émissaires du parti au cours du drame.

[7]

Selon les uns, ce serait Thiers lui-même qui aurait fait « cadeau » de la Commune à Marx, lorsqu'il déclara, dans son ultime proclamation aux gardes nationaux, qu'il entendait « en finir avec les inconnus qui se réclament de la doctrine communiste ». L'odieux boucher de la Commune voulait ainsi teinter de rouge le diable qui habitait alors Paris, afin d'opposer la capitale à la province.

Selon d’autres, à l'inverse, ce serait Marx qui, récupérant cette noire manœuvre, commit lui-même cette grande usurpation, en utilisant son Adresse, écrite au nom du Conseil général de l'Internationale, pour gagner à sa cause la Commune et créer un mythe révolutionnaire autour de sa doctrine.

Voyons ce que Marx dit lui-même. Il est catégorique : « L'actuelle insurrection de Paris est le plus glorieux exploit de notre parti » (à Kugelmann, 12 avril 1871). Mais en quel sens la Commune fut-elle l'œuvre de ce parti ? Dans les Enseignements de la Commune de Paris, Trotsky ne craint pas d’affirmer que « le prolétariat parisien n'avait ni parti, ni chef » ? Les deux affirmations contradictoires en apparence, se complètent simplement.

Trotsky considérait les choses sous un angle donné : la question militaire au sens étroit, comme « art de la révolution », qu'un parti marxiste, comme tel, doit non seulement connaître, mais encore savoir appliquer. Engels n'affirme-t-il pas pratiquement la même chose que Trotsky dans sa lettre à Sorge du 12 septembre 1874 : « Ce succès fut la Commune qui, intellectuellement, est sans contredit fille de l’Internationale, bien que l’Internationale n'eût pas remué un doigt pour la faire, et de laquelle l'Internationale fut, dans cette mesure aussi, rendue responsable à juste titre. »

Par « intellectuellement la Commune était la fille de l'Internationale », Engels entend que la Commune fut la première tentative glorieuse effectuée par des travailleurs pour traduire en pratique les principes théoriques énoncés par l’Internationale de Marx.

L'essentiel dans la Commune, c'est que les prolétaires parisiens avaient compris qu'il fallait abattre l'État bourgeois et le mettre en pièces avant d'ériger le leur propre. Ce plan politique n'était revendiqué expressément que par l'Internationale. Certes, les révolutions précédentes avaient déjà montré aux ouvriers quelle était la véritable signification de l'État. Mais c'est Marx et l’Internationale qui [8] en avaient tiré toutes les leçons et montré au prolétariat ce qu'impliquait sa revendication de la République sociale : « Pour cela il fallait démasquer la prétention de l'État d'être la force armée pour la protection du bien public, d'être l'incarnation des intérêts généraux de la société, de dominer les intérêts privés en concurrence en les maintenant à leur place respective ; bref, il a fallu mettre à nu le secret du pouvoir d'État, à savoir qu'il est l'instrument du despotisme de classe, pour que les ouvriers, cessant de vouloir la république comme jeu politique de l'ancien système des classes, le saisissent comme moyen révolutionnaire pour mettre en pièces la domination de classe elle-même [2]. »

Comme en témoigne sa lettre à Kugelmann du 12 avril 1871, Marx avait théorisé ce point fondamental pour l'Internationale bien avant la Commune à partir des Luttes de classes en France de 1848-1849 : « Si tu relis le dernier chapitre de mon 18-Brumaire, tu verras que j'y ai prévu que le prochain assaut révolutionnaire en France devait s'attacher non plus à faire passer la machine bureaucratique militaire en d'autres mains comme cela avait été le cas jusqu'ici, mais à la détruire, et que c'était là la condition de toute révolution populaire réelle sur le continent. C'est aussi ce qu'ont tenté nos héroïques camarades de Paris. »

Dans la Deuxième ébauche de « La Guerre civile en France », Marx définit le rôle de l’Internationale dans la Commune de Paris : « Le Conseil général est fier du rôle éminent que les sections parisiennes de l'Internationale ont assumé pendant la glorieuse révolution de Paris. Non point, comme certains faibles d’esprit se le figurent, que la section de Paris, ni aucune autre branche de l'Internationale, ait reçu un mot d’ordre d'un centre. Mais, comme dans tous les pays civilisés la fleur de la classe ouvrière adhère à l'Internationale et est imprégnée de ses principes, elle prend partout, à coup sûr, la direction des actions de la classe ouvrière. »

La Commune fut le triomphe du marxisme comme doctrine de la révolution prolétarienne, et l’Internationale eut le mérite essentiel de préparer idéologiquement le prolétariat à ses tâches historiques. Mais cela ne signifie pas encore que l'Internationale ait suscité et combiné l'insurrection [9] du 18 mars, ni qu'il y eut, durant la crise révolutionnaire, un parti fort et cohérent à Paris pour guider le mouvement de la Commune. Comme nous allons le voir, c'est la dynamique historique même qui y a poussé. Si l'on entend par parti une organisation forte, disciplinée, capable de préparer, puis de diriger la révolution d'après un plan pratique, il est évident qu'il n'y a pas eu un tel parti (formel, selon l'expression de Marx) à la tête de la Commune. Aucun des efforts entrepris pour organiser un tel parti ne fut couronné de succès. Cependant, comme parti historique - par la présence en son sein de Marx-Engels - l'Internationale fut à la hauteur de sa tâche : elle donna des indications stratégiques au prolétariat sur le plan aussi bien politique que militaire, bien qu'elle n'eût pas la force de les réaliser, comme le put le parti bolchevik en octobre 1917 dans des conditions générales plus avancées.

Tout le cours de la Commune réfute la thèse selon laquelle elle a été un produit tout à fait spontané de l'histoire. Mais il ne faut pas pour autant nier le rôle qu'y joua la spontanéité. Celle-ci fut d’autant plus importante que les forces politiques prolétariennes dominant la scène de la révolution parisienne manquèrent d'homogénéité et de discipline pratiques et théoriques. De fait, Marx applaudit à l'initiative historique des masses parisiennes, bien que l'Internationale n'ait pas donné le signal d’une bataille où les facteurs objectifs eurent un grand poids - bien supérieur aux facteurs de conscience -étant donné la relative immaturité des conditions générales de cette époque historique.

La Commune eut donc des côtés positifs comme des côtés nettement négatifs, et Marx applaudit l'œuvre des obscurs prolétaires de Paris dans leur œuvre de gouvernement, sans ménager ses conseils et ses encouragements.

Dans ces limites, la Commune fut le premier grand triomphe de la théorie marxiste, confirmée par le « laboratoire de l'histoire ». Il faut donc considérer essentiellement les conditions matérielles qui ont poussé les masses à se soulever en 1871 et le prolétariat à se constituer en classe dirigeante.

Impérialisme et guerre

On ne peut évoquer la Commune sans souligner les caractéristiques de la guerre franco-prussienne, qui marque [10] pour toute l'Europe un véritable tournant historique dans les relations entre États et classes : la fin de l'époque des révolutions bourgeoises progressives en Europe occidentale, désormais systématisée en États capitalistes. Dans une telle période de tournant, les caractéristiques et la nature de la guerre changeront plusieurs fois durant son développement et, en conséquence, transformeront la position que les classes occupent dans les deux pays belligérants, la guerre entre États se transformant en guerre civile entre les classes.

Soulignons que, dès le début de la crise, Marx assigne aux prolétaires français une tactique qui, dans les limites de leur cadre national, n'est plus de révolution permanente. Comme du point de vue social la France a atteint désormais le stade entièrement bourgeois, il ne faut plus soutenir une fraction de la bourgeoisie pour accéder au pouvoir au moyen d'une série d'alliances successives, différentes classes se relayant au pouvoir. C'est en une lutte frontale que prolétariat et bourgeoisie sont opposés depuis le début jusqu'à la fin de drame. Certes il s'agit d'un processus historique tout de même complexe, bien que la lutte soit directe entre les deux classes.

En ce sens, la période de 1870 clôt tout le cycle qui a commencé pour la classe ouvrière française en 1794 et inaugure la phase où, d'une part, le prolétariat se constitue en classe en s'organisant bien avant la révolution en parti à la fois historique et formel, capable de résister pendant de longues périodes aux sollicitations bourgeoises et petites bourgeoises pour préparer - idéologiquement et organisationnellement - les ouvriers à la révolution, et où, d’autre part, la tactique à adopter au cours de la révolution est directe et frontale entre la bourgeoisie et le prolétariat.

Ce double résultat est dû aux luttes successives des prolétaires français pour créer les conditions matérielles préalables au socialisme au sens où Marx dit : « Il leur faut, au cours de l'évolution, commencer par produire eux-mêmes les conditions matérielles d’une nouvelle société, et nul effort de l'esprit ni de la volonté ne peut les soustraire à cette destinée [3]. »

Selon l'expression d'Engels, grâce à leurs luttes politiques, les ouvriers français ont désormais l'avantage de posséder [11] la forme dans laquelle la lutte peut être menée directement pour le socialisme, alors que les Allemands ont encore à la conquérir.

Il ressort à l'évidence que, dans la conception marxiste, l'action politique n'est pas le pur reflet passif de l'économie. Comme les formes de production obéissent à des lois déterminées et suivent un cours de développement progressif, les formes politiques ont des stades et un cours rigoureux - et le marxisme les a analysées depuis leur naissance parallèle à celle des classes jusqu'à leur autodissolution avec l'extinction des classes.

La stratégie révolutionnaire du parti

Pour déterminer l'attitude que devaient prendre les ouvriers dans la guerre contre la Prusse, Marx se fonda sur les critères objectifs du cadre social qui déterminait pour chaque camp le but et la nature du conflit, sans considérer les notions de (fausse) morale bourgeoise de guerre d'agression ou de défense. Aux yeux du marxisme, il faut soutenir, dans certains cas déterminés, le camp pour lequel la guerre est progressive. Pour Marx, elle l'était pour l'Allemagne, tandis que pour la France impérialiste elle était réactionnaire, si bien que le prolétariat devait refuser tout appui à sa bourgeoisie en guerre. Voici donc la directive que l'Internationale donna à la classe ouvrière française, comme Marx l'écrit dans sa première Adresse : « Ce manifeste de notre section de Paris fut suivi de nombreuses adresses françaises analogues, dont nous ne pouvons citer ici que la déclaration de Neuilly-sur-Seine publiée dans La Marseillaise du 22 juillet : La guerre est-elle juste ? Non ! La guerre est-elle nationale ? Non ! Elle est dynastique. Au nom de l'humanité, de la démocratie et des véritables intérêts de la France, nous adhérons complètement et énergiquement à la protestation de l'Internationale contre la guerre [4]  ! »

On remarque que la tactique du prolétariat français est simple dans cette première phase : la guerre étant impérialiste [12], il s'oppose à la guerre de sa bourgeoisie. C'est du côté allemand que la situation est plus complexe, puisque le mouvement bourgeois n'y est pas encore parvenu à son terme et qu'il est déterminant pour les fluctuations de toute la guerre. En effet, comme Marx le remarque, le centre de gravité du mouvement international est en train de se déplacer de France vers l'Allemagne, ce qui n'est pas sans incidence pour l'évolution et le succès ultérieur du mouvement français.

En revanche, bien que Bismarck ait voulu et préparé la guerre, Marx écrit : « L'Allemagne a été entraînée par Badinguet dans une guerre pour se constituer en nation [5] » - ce qui est le but d'une révolution bourgeoise.

En conséquence, dans sa première Adresse, Marx déclare : « Du côté allemand, la guerre est une guerre de défense. » Dans la seconde, il précise encore : « La classe ouvrière allemande a résolument donné son appui à la guerre, qu'il n'était pas en son pouvoir d'empêcher, comme à une guerre pour l’indépendance nationale et la libération de l'Allemagne et de l’Europe du cauchemar oppressant du second Empire » (p. 287). Dans ce passage, Marx laisse entendre que - s'il en avait eu la « possibilité », c'est-à-dire la force organisée (qu'il ne peut avoir tant que l'unité nationale n'est pas réalisée, permettant au prolétariat de s'organiser à l'échelle nationale) - le prolétariat allemand aurait pu et aurait dû se défaire de tous les princes allemands, pour réaliser lui-même l’unité allemande. Mais alors il y aurait eu une guerre nationale contre l'impérialisme tsariste qui tenait l'Allemagne divisée en connivence avec les princes réactionnaires des trente-six États et principautés allemands et Bismarck lui-même.

Marx considérait bien les conditions réelles, et à partir d’elles il déterminait ce qui était objectif dans la guerre - et dans quelles limites. En effet, il connaissait bien sa Prusse et son Bismarck, et il ajoutait donc qu'il ne fallait soutenir le belligérant allemand qu'aussi longtemps qu'il n'avait pas de visées impérialistes.

Il va de soi que Marx considérait uniquement les choses dans l'intérêt du prolétariat international, et il ne savait que trop bien qu'il était trop faiblement organisé partout [13] pour renverser durablement la bourgeoisie. C'est pourquoi il prévoyait une phase de préparation à la future révolution prolétarienne dans les pays les plus avancés de l'Europe et à la révolution permanente dans les pays arriérés de l'Europe centrale, et notamment en Russie, où des « forces volcaniques menacent de secouer les bases les plus profondes de l'autocratie » (seconde Adresse, p. 287). S'il parle de paix honorable entre la France et l'Allemagne, ce n'est nullement par pacifisme, comme les odieux faux partis communistes de notre génération, qui appuient les guerres entre États officiels, telle que la dernière guerre impérialiste : « Si les vainqueurs allemands concluent une paix honorable avec la France, la guerre russo-allemande, qui s'ensuivra, provoquera l'absorption de la Prusse dans l'Allemagne, permettra au continent européen de se développer librement, et hâtera enfin l'avènement de la révolution sociale en Russie - qui n'attend qu'une impulsion du dehors - et, de la sorte, cette guerre servirait aussi au peuple russe [6]. »

Par rapport au socialisme, le grand révolutionnaire qu'était Marx avait en vue la préparation du terrain, grâce à la libération des forces sociales opprimées des pays avancés aussi bien qu'attardés, qui dégagerait une nouvelle énergie organisée, parce que, plus vite et avec moins de souffrances, l'Europe entière eût alors abordé la transition révolutionnaire au communisme.

Malheureusement, le prolétariat ne réussit pas à s'acquitter avec succès de la tâche grandiose qui lui était ainsi assignée. Bismarck, en empêchant - avec la connivence de la bourgeoisie française - la conclusion d’une paix honorable, parvint à limiter les conséquences de la révolution bourgeoise et de l'unification de l'Allemagne, et à éviter que le mouvement progressif révolutionnaire gagne l’Est, notamment la Russie. Nous allons voir quelles en furent les conséquences pour la France.

[14]

Écroulement du second Empire,
insurrection et république


Dans la première Adresse, Marx avait prophétisé : « Quel que soit le déroulement de la guerre de Louis Bonaparte contre la Prusse, le glas du second Empire a déjà sonné à Paris. L'Empire finira comme il a commencé, par une parodie » (p. 279). Engels reprendra ce point pour remarquer que c'est Bismarck qui fit en quelque sorte cadeau de la république aux Français en renversant le bonapartisme - et la vacance du pouvoir ne fut pas sans effet sur la création de la Commune, comme il ressort du texte que nous publions sur la dualité du pouvoir surgie dès le 30 octobre. Cela confirme, en tout cas, la directive de Marx, selon laquelle le prolétariat français ne devait pas lutter pour défendre la France impérialiste. La défaite militaire, en déblayant d'un coup le terrain de lutte entre les classes de la puissance centrale de l'État bonapartiste, dont la fonction était précisément d'empêcher depuis 1850 que bourgeoisie et prolétariat ne s'entredéchirent, mit irrésistiblement en mouvement le peuple de Paris. Celui-ci surgit les armes à la main, ayant à sa tête les internationalistes, les socialistes proudhoniens et les blanquistes, pour renverser les barrages des gardes nationaux, placés devant l’assemblée du Corps législatif et pénétrer dans la salle, où le blanquiste Granger intima l'ordre aux députés de décréter la chute de l'Empire et la proclamation de la république.

C'est la répétition de la scène de février 1848 où la Seconde République fut imposée par Raspail à la tête du peuple armé. Mais comme alors, ne disposant pas d'un parti fort et conscient, le prolétariat généreux et débonnaire se laissa dépouiller du pouvoir qui pourtant lui revenait directement. En 1848, c'était le processus de la révolution permanente qui s'amorçait en Février, mais en 1871 c'était à cause du sentiment euphorique et stérilisant de fausse fraternité qui se forme lorsque sans verser de sang on parvient à briser la volonté de l'ennemi. C'est dans ces conditions que se forma le gouvernement de la défense nationale, composé d'orléanistes et de républicains bourgeois. Ce fait fondamental est souligné par Marx dans son Adresse sur la Guerre civile en France : « Toutefois, les véritables dirigeants de la classe ouvrière étant encore enfermés dans les prisons bonapartistes et les Prussiens en marche [15] sur la ville, Paris, pris à l'improviste, toléra cette prise du pouvoir à la condition expresse qu'il ne serait exercé qu'aux seules fins de la défense nationale » (p. 23), pour rechercher une paix honorable.

Mais Marx n'en reste pas là. Cinq jours après l'insurrection de septembre à Paris, il lança sa seconde Adresse sur la guerre franco-prussienne pour associer les ouvriers allemands aux nouveaux événements et mettre en garde le prolétariat français contre les illusions que pourrait susciter le nouveau gouvernement : « Comme elle, nous saluons l'avènement de la république en France, mais ce n'est pas sans éprouver des appréhensions qui, nous l'espérons, se révéleront sans fondement. Celle république n'a pas renversé le trône, mais simplement pris sa place laissée vacante. Elle a été proclamée non comme une conquête sociale, mais comme une mesure de défense nationale » (p. 288). Cette seconde Adresse fournit les directives positives de tactique révolutionnaire qui s'insèrent dans le plan général de stratégie exposé ci-dessus pour la conclusion de la phase de la guerre franco-prussienne par une paix honorable.

Étant donné que pour l'Allemagne la guerre était progressive du fait qu'elle devait y parachever sa révolution bourgeoise en unifiant la nation, nous devons jeter un coup d'œil sur l'attitude de la bourgeoisie, donc c'eût dû être la grande tâche historique. Marx avait une longue expérience des capacités de la bourgeoisie allemande, dont il écrit dans la seconde Adresse : « Cette bourgeoisie qui, dans ses luttes pour la liberté civile, avait, de 1846 à 1870, donné un spectacle sans exemple d'irrésolution, d'incapacité et de couardise, se sentit, bien sûr, profondément ravie de faire son entrée sur la scène européenne sous l'aspect du lion rugissant du patriotisme allemand » (p. 284). Au lieu d'arrêter Bismarck, comme c'eût été de son intérêt, elle aida le gouvernement prussien à limiter les effets de la guerre révolutionnaire et à réaliser sa politique impérialiste de conquête ! Marx flétrit les « intrépides nationalistes teutons » et dénonce les mesquins prétextes invoqués par le gouvernement pour faire oublier le programme du roi de Prusse se limitant à la défense au début de la guerre et pour justifier sa nouvelle politique d'agression. Marx voit surgir les conséquences contre-révolutionnaires à la suite des foudroyants succès prussiens. Le rôle impérialiste de Bonaparte sera désormais assumé par Bismarck, qui en avait déjà expérimenté certaines méthodes avant 1870. De défenseur [16] - à la manière Prussienne certes - du « principe de nationalité », il jette maintenant les bases des futures guerres impérialistes en Europe : « Si la fortune des armes, l'arrogance du succès et les intrigues dynastiques conduisent l'Allemagne à une spoliation du territoire français, il ne lui restera alors que deux partis possibles. Ou bien elle doit, à tout risque, devenir l'instrument direct de l'expansion russe, ou bien, après un court répit, elle devra se préparer de nouveau à une guerre " défensive " (entre guillemets, cette fois. N.d.T.), non pas une de ces guerres " localisées" d'invention nouvelle, mais une guerre de races, une guerre contre les races latines et slaves coalisées » (p. 287).

La prévision de Marx est impressionnante. Elle démontre combien la tactique du parti est une chose non pas contingente, mais essentiellement historique.

Dam la seconde Adresse, Marx ne dresse encore ce tableau que simplement pour montrer au prolétariat quelle serait la conséquence d'un échec de ses efforts pour aboutir à une « paix honorable ». En effet, il y donne, à l'issue de la première phase de la guerre, de nouvelles directives aux ouvriers allemands et français. En Allemagne, les ouvriers ne devaient plus appuyer la guerre, mais devaient, au contraire, s'y opposer avec fermeté. Hélas, la prompte réaction prussienne et la capitulation de la bourgeoisie allemande étouffèrent l'agitation déclenchée en Allemagne par le parti social-démocrate contre l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine [7].

Dès lors que se pose le problème d'une intervention active du prolétariat dans les événements en cours, surgit la nécessité d’une vision claire de l'histoire, d'un plan déterminé et d’une organisation militante capable de réaliser les mots d'ordre révolutionnaires. En France, les ouvriers auxquels la bourgeoisie avait promis de lutter de toutes ses forces pour parvenir à une paix honorable et éviter le démembrement du pays, les ouvriers ne possédaient pas encore une forte organisation militante, éprouvée et active - le parti formel - pour prendre en main les destinées de la nation et imposer sa solution : ce parti ne sera que le produit du développement social ultérieur.

Marx déclare en conséquence dans la seconde Adresse :                                 [17] « La classe ouvrière française se trouve placée dans des conditions extrêmement difficiles. Toute tentative de renverser le nouveau gouvernement, quand l'ennemi frappe presque aux portes de Paris, serait une folie désespérée. Les ouvriers français ne doivent pas se laisser entraîner par les souvenirs de 1792, comme les paysans français se sont laissé duper par les souvenirs nationaux du premier Empire. Ils n'ont pas à recommencer le passé, mais à édifier l'avenir. Que calmement et résolument ils profitent de la liberté républicaine pour procéder méthodiquement à leur propre organisation de classe. Cela les dotera d'une vigueur nouvelle, de forces herculéennes pour la régénération de la France et pour notre tâche commune : l'émancipation du travail » (p. 289).

Si le but était clair, il était infiniment difficile de le réaliser - précisément en l'absence d'un parti puissant. En outre, avec le peu de confiance qu'on pouvait accorder au gouvernement de la « Défense » nationale, la tâche se compliquait encore. Mais il n'y avait pas d'autre issue : il fallait tout tenter quel qu'en fût le prix. L'objectif prévu par le plan stratégique de l'Internationale s'imposait à présent : ou bien on réussissait à le faire triompher, ou bien une nouvelle fois, comme en 1849, la marée contre-révolutionnaire submergerait l'Europe entière. Or, cela la bourgeoisie l'avait parfaitement compris, et elle agit en conséquence.

L'Internationale, dans ses adresses, se fait elle aussi plus pressante : « Que les sections de l'Association internationale des travailleurs dans tous les pays appellent à l'action la classe ouvrière. Si les ouvriers oublient leur devoir, s'ils demeurent passifs, la terrible guerre actuelle ne sera que la fourrière de conflits internationaux encore plus terribles et conduira dans chaque nation à un triomphe renouvelé sur l'ouvrier des seigneurs du sabre, de la terre et du Capital » (p. 290).

Vers la Commune

Déjà certains faits avaient montré au cours de la guerre franco-prussienne que la bourgeoisie française avait plus peur des ouvriers de France que de l'adversaire de Prusse. Bazaine, en capitulant à Metz, n'avait-il pas dit qu'il voulait remettre son armée aux classes dominantes prussiennes comme « gage contre l'ennemi intérieur français » ? Engels [18] avait fort bien compris le sens des événements qui se préparaient : « Si Metz capitulait, les Prussiens pourraient disposer de 200 000 soldats devenus libres. Dans l'actuelle situation des troupes françaises en ligne, cette armée suffirait amplement pour gagner le pays non fortifié, quand il lui plaira et jusqu'où elle le voudra. L'occupation du reste de la France, qui est empêchée par les deux grands camps retranchés, commencerait aussitôt, et toutes les tentatives d'une guerre de guérilla qui, actuellement, pourraient être très efficaces, seraient alors rapidement écrasées [8]. » Or, une dizaine de jours après, Metz capitulait.

Dans la seconde Adresse, Marx avait prévenu les ouvriers français : « Les orléanistes se sont emparé des positions fortes de l'armée et de la police alors qu'aux républicains déclarés sont échus les ministères où l'on parle. Quelques-uns de leurs premiers actes montrent assez clairement qu'ils ont hérité de l'Empire non seulement les ruines, mais encore LA PEUR DE LA CLASSE OUVRIERE » (p. 288).

Il est infiniment difficile - voire impossible - d'arrêter la guerre impérialiste par une paix honorable, sans effectuer une guerre civile, puisque la guerre impérialiste est essentiellement dirigée contre le prolétariat. En l'occurrence, certes, la guerre n'était impérialiste que du côté français, et il s'agissait d'empêcher qu'elle ne le devienne aussi du côté allemand. La suite des événements démontra que la bourgeoisie impérialiste française craignait effectivement plus son prolétariat que l'ennemi extérieur. Pourquoi cette peur ? L'ouvrier français n'offrait-il pas son bras armé à « sa » bourgeoisie pour combattre cette armée prussienne, considérée jusque-là comme son ennemi mortel ? Le journal de Blanqui - La Patrie en danger - ne devait-il pas contribuer à cette tâche de défense nationale pour laquelle les ouvriers oublièrent que le pouvoir conquis par l'insurrection du 4 septembre restait entre les mains de la « gauche » de l'ex-corps législatif ?

Il importe au plus haut point d'élucider les raisons pour lesquelles les membres du gouvernement provisoire, instinctivement guidés par un préjugé acharné de classe, s'engagèrent dans la voie opposée à celle de leurs déclarations officielles où ils proclamaient vouloir défendre avant tout le pays. Seul le marxisme révolutionnaire peut donner la clé [19] de cette « grande peur » et des actions qu'elle dicta à Trochu, chef du gouvernement et auteur de ce plan de défense qui, jusqu'à la capitulation de Paris, fut l'objet de sarcasmes populaires.

Il était évident qu'une défense sérieuse de Paris - et de la France entière - ne pouvait pas être confiée aux seuls restes de l'ancienne armée régulière et à son état-major corrompu et incapable, honteusement battu et capitulant à Sedan [9]. Du reste, l'aurait-on voulu que c'eût été impossible, parce qu'à Paris, comme en partie à Lyon, à Marseille et d'autres villes, le peuple, sous la menace imminente de l'invasion, s'était déjà armé et, à côté des vieilles formations militaires gouvernementales, se constituait en une armée populaire qui préférait obéir à des hommes choisis dans ses rangs et capables de faire la preuve de leur valeur et de leur volonté politico-militaires. Quelques chiffres illustrent cette évolution irrésistible. Avant le 4 septembre, il y avait à Paris, à peine soixante gardes nationaux, formés d'éléments bourgeois fidèles à l'Empire. Aussitôt après le 4 septembre, ils s'élevèrent à cent vingt, et fin septembre ils atteignirent le nombre de deux cent cinquante-quatre. Or ces nouveaux bataillons se recrutaient essentiellement dans les quartiers les plus populaires et prolétariens, donc suspects au gouvernement.

En outre, l'expérience historique avait démontré que pour mener à l'époque moderne une guerre sérieuse et pour obtenir des succès, il n'existait qu'une possibilité : mobiliser, armer, organiser et susciter une immense force populaire, en favorisant les initiatives dans cette forme de guerre invincible qu'est la guérilla populaire. Or, la mise en œuvre de cette puissante machine de guerre, avec ses inépuisables ressources en énergie, impliquait de toute nécessité que la vieille armée permanente de l'État de classe bourgeois soit entièrement remplacée par la nouvelle armée du peuple, d'où la nécessité de détruire le pouvoir réel de la bourgeoisie à plus ou moins brève échéance. C'est dire que la guerre devait prendre un caractère toujours plus révolutionnaire, et la classe la plus active et la plus résolue de la société - le prolétariat - grâce au phénomène de la décantation des forces politiques et sociales survenant dans tout [20] processus véritablement révolutionnaire, aurait fini par accaparer tout le pouvoir et l'aurait employé pour des buts sociaux, fixés par le parti, en favorisant son renforcement et sa discipline organisationnelle au fur et à mesure de l'élan donné par le cours même des événements [10].

La guerre serait donc bientôt devenue révolutionnaire, et n'eût pas été seulement un moyen de repousser l'envahisseur impérialiste. Elle aurait signifié - et elle signifiera - le développement et l'approfondissement de la révolution du 4 septembre, comme l'indique la journée du 30 octobre. L'intuition de cette désastreuse perspective, alimentée encore par le souvenir de juin 1848, était plus que suffisante pour remplir d'effroi le gouvernement bourgeois et l'engager dans la voie du pacte avec la bourgeoisie allemande. Après avoir énoncé qu'il eût été plus avantageux d'obtenir un arrêt des hostilités, Marx remarque : « Cependant, comment défendre Paris sans armer sa classe ouvrière, l'organiser en une force effective et instruire ses rangs par la guerre elle-même ? Mais Paris armé, c'était la révolution armée. Une victoire de Paris sur l’agresseur prussien aurait été une victoire de l'ouvrier français sur le capitaliste français et ses parasites d'État. Dans ce conflit entre le devoir national et l'intérêt de classe, le gouvernement de la Défense nationale n'hésita pas un instant : il se changea en un gouvernement de la Défection nationale » (p. 23).

Tout le secret du plan de Trochu, Favre et Cie, qui pactisent avec l'« ennemi » extérieur en vue d'obtenir la paix à l'intérieur entre les classes, vise donc en premier lieu à désarmer les ouvriers et à rendre le pouvoir effectif à la bourgeoisie. La bourgeoisie allemande aussi bien que française poussèrent - bien que de façon différente - dans la même direction, introduisant la révolution sur la scène historique. C'est le complot contre-révolutionnaire lui-même qui poussa à la guerre civile.

Et Marx de tirer la leçon de cet épisode héroïque du prolétariat français, leçon oubliée par les générations suivantes, trahies par les partis dits ouvriers au cours de deux guerres impérialistes qui ont provoqué une régression tranchant avec toutes les traditions révolutionnaires d'antan :

[21]

« Le plus haut effort d'héroïsme dont la vieille société soit encore capable est une guerre nationale. Or, il est MAINTENANT prouvé qu'elle est une pure mystification des gouvernements, destinée à retarder la lutte des classes, et qui est jetée de côté aussitôt que cette lutte de classes éclate en guerre civile. La domination de classe ne peut plus se cacher sous un uniforme national, les gouvernements nationaux ne font qu'un contre le prolétariat » (p. 62).



[1] Dans une lettre du 27 janvier 1887, à Kelley-Wischnewetzky, Engels précise les rapports que Marx entendait nouer avec les autres tendances dans l'Internationale : « Lorsque Marx fonda l'Internationale, il rédigea les statuts généraux de manière que tous les socialistes de la classe ouvrière pussent y participer : proudhoniens, Pierre Lerouxistes et même la partie la plus avancée des syndicats anglais. Ce n'est que par cette large base que l'Internationale est devenue ce qu'elle fut : le moyen de dissoudre et d'absorber progressivement ces petites sectes, à l'exception des anarchistes... »

[2] Cf. MARX, Deuxième esquisse de « La Guerre civile en France », Werke, t. XVII, p. 608.

[3] Cf. MARX, « La Critique moralisante et la morale critisante », Deutsche Brüsseler Zeitung, 11 novembre 1847.

[4] Cf. « Première Adresse du Conseil général sur la guerre franco-allemande », La Guerre civile en France, Ed. sociales, 1953, p. 278-279. Dans la suite du texte, nous ferons suivre les citations simplement de la page de l'ouvrage susmentionné.

[5] Cf. MARX-ENGELS, Écrits militaires, p. 514 : « Caractère de la guerre franco-prussienne de 1871 » (lettre d'Engels à Marx, 15 août 1870).

[6] Cf. Manifeste du Comité exécutif du parti ouvrier allemand, rédigé par Marx pour fixer la position des ouvriers allemands (trad. fr. : Écrits militaires, p. 517-523). Tout le comité du parti allemand fut arrêté et déporté sur l'ordre de Bismarck (cf. ibid., p. 523).

[7] À propos de l'attitude courageuse des dirigeants sociaux-démocrates allemands, cf. MARX-ENGELS, Le Parti de classe, t. II, p. 190-192.

[8] Cf. « Le Sort de Metz », Pall Mall Gazette, 17 octobre 1870.

[9] La note d'Engels sur la page 29 de l'Histoire de la Commune, reproduite ci-après, p. 53-57, illustre tout à fait cette position.

[10] La phase de la lutte armée de la Commune est longuement analysée dans le numéro 11 du Fil du temps, consacré à « La Question militaire dans la théorie marxiste ».


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 26 juin 2015 18:04
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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