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Collection « Les auteur(e)s classiques »

L'idéologie allemande (Thèses sur Fuerbach) (1845):

Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Friedrich Engels et de Karl Marx (1845), L'idéologie allemande. Première partie: Les thèses sur Feuerbach. Traduction française, 1952.


PRÉFACE


Jusqu'à présent les hommes se sont toujours fait des idées fausses sur eux-mêmes, sur ce qu'ils sont ou devraient être. Ils ont organisé leurs rapports en fonction des représentations qu'ils se faisaient de Dieu, de l'homme normal, etc. Ces produits de leur cerveau ont grandi jusqu'à les dominer de toute leur hauteur. Créateurs, ils se sont inclinés devant leurs propres créations. Libérons-les donc des chimères, des idées, des dogmes, des êtres imaginaires sous le joug desquels ils s'étiolent. Révoltons-nous contre la domination de ces idées. Apprenons aux hommes à échanger ces illusions contre des pensées correspondant à l'essence de l'homme, dit l'un, à avoir envers elles une attitude critique, dit l'autre, à se les sortir du crâne, dit le troisième et - la réalité actuelle s'effondrera.

Ces rêves innocents et puérils forment le noyau de la philosophie actuelle des Jeunes-Hégéliens, qui, en Allemagne, n'est pas seulement accueillie par le public avec un respect mêlé d'effroi, mais est présentée par les héros philosophiques eux-mêmes avec la conviction solennelle que ces idées d'une virulence criminelle constituent pour le monde un danger révolutionnaire. Le premier tome de cet ouvrage se propose de démasquer ces mou-tons qui se prennent et qu'on prend pour des loups, de montrer que leurs bêlements ne font que répéter dans un langage philosophique les représentations des bourgeois allemands et que les fanfaronnades de ces commentateurs philosophiques ne font que refléter la dérisoire pauvreté de la réalité allemande. Il se propose de ridiculiser ce combat philosophique contre l'ombre de la réalité, qui convient à la somnolence habitée de rêves où se complaît le peuple allemand, et de lui ôter tout crédit.

Naguère un brave homme s'imaginait que, si les hommes se noyaient, c'est uniquement parce qu'ils étaient possédés par l'idée de la pesanteur. Qu'ils s'ôtent de la tête cette représentation, par exemple, en déclarant que c'était là une représentation religieuse, superstitieuse, et les voilà désormais à l'abri de tout risque de noyade. Sa vie durant il lutta contre cette illusion de la pesanteur dont toutes les statistiques lui montraient, par des preuves nombreuses et répétées, les conséquences pernicieuses. Ce brave homme, c'était le type même des philosophes révolutionnaires allemands modernes (note 1).


(Note 1) : [Passage biffé dans le manuscrit:] Aucune différence spécifique ne distingue l'idéalisme allemand de l'idéologie de tous les autres peuples. Cette dernière considère, elle aussi, que le monde est dominé par des idées, que les idées et les concepts sont des principes déterminants, que des idées déterminées constituent le mystère du monde matériel accessible aux philosophes.

Hegel avait parachevé l'idéalisme positif. Pour lui, tout le monde matériel ne s'était pas seulement métamorphosé en un monde des idées et toute l'histoire en une histoire d'idées. Il ne se borne pas à enregistrer les faits de pensée, il cherche aussi à analyser l'acte de production.

Quand on les secoue pour les tirer de leur monde de rêves, les philosophes allemands protestent contre le monde des idées, que leur la représentation du [monde] réel, physique...

Les criticistes allemands affirment tous que les idées, représentations, concepts ont jusqu'ici dominé et déterminé les hommes réels, que le monde réel est un produit du monde des idées. Cela a eu lieu jusqu'à l'instant présent, mais ça va changer. Es se différencient par la façon dont ils veulent délivrer le monde des hommes qui selon eux, gémiraient de la sorte sous le poids de ses propres idées fixes; ils se différencient aussi par ce qu'ils qualifient d'idée fixe; ils ont en commun cette croyance à la domination des idées; ils ont en commun la croyance que leur raisonnement critique amènera fatalement la fin de l'état de choses existant, soit qu'ils s'imaginent que leur pensée individuelle suffira à obtenir ce résultat, soit qu'ils veuillent conquérir la conscience de tous.

La croyance que le monde réel est le produit du monde idéal, que le monde des idées [...]

Égarés par le monde hégélien des idées, devenu le leur, les philosophes allemands protestent contre la domination des pensées, idées, représentations, qui jusqu'ici, selon eux, c'est-à-dire selon l’illusion de Hegel, ont donné naissance au monde réel, l'ont déterminé, dominé. Es déposent une protestation et périssent [...]

Dans le système de Hegel, ce sont les idées, pensées, concepts qui ont produit, déterminé, dominé la vie réelle des hommes, leur monde matériel, leurs rapports réels. Ses disciples révoltés lui empruntèrent ce postulat [...]

Retour aux auteurs: Karl Marx et Friedrich Engels Dernière mise à jour de cette page le Mardi 02 avril 2002 12:50
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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